Combien mesure Dieu ?
Ou : Interrogations sur la personnalité de Jésus
"Si ça se tombe, Dieu est plus petit que moi !" Cette pensée m'a presque renversé. J'étais parti de Mosiah 7:27-28. Ces deux versets résument une partie du message du prophète Abinadi, à savoir que l'homme est créé à l'image de Dieu, et que le Père enverra son fils (nommé Dieu également) se faire homme parmi les hommes. Ce fut ce "blasphème" qui fut retenu contre lui lors de son "procès". En lisant une écriture associée bien connue (D&A 130:22) qui explique que Dieu a un corps physique ressuscité, tout comme le Christ, je ne sais pour quelle raison, je me suis imaginé Dieu debout à côté de moi dans mon bureau. Et là ça m'a frappé. Si je me levais, étant une personne d'une taille supérieure à la moyenne, il y a de grandes chances pour que je sois plus grand que lui !
Je n'avais jamais pensé à ça et me l'imaginer m'a fait sentir une combinaison d'excitation et de malaise. L'excitation était liée à la nouveauté dans la manière de considérer Dieu. Qu'il descende du ciel (de manière visible ou audible) ou que l'homme aille le visiter en vision, je me l'étais toujours représenté "en haut". En sa présence, il faut lever la tête. Pourtant s'il venait en face de moi et s'adressait à moi en étant debout sur le même sol (c'est ce qui semble s'être passé avec Moïse, voir Exode 33:11), je verrais un homme, non ? Et probablement plus petit que moi. L'idée était renversante pour moi. Un peu trop même, d'où le malaise. Cela peut sembler blasphématoire si l'on a une idée d'un Dieu tout puissant, au point d'être tellement au-dessus de l'homme qu'il lui est inaccessible. C'est peut-être pour ça que les peuples auxquels s'adressaient des prophètes comme Abinadi n'ont pas très bien pris leur message. Ils annonçaient un Dieu accessible, qui ressemble à l'homme. Pour des cultures sémitiques qui ne prononcent même pas le nom de Dieu, cette idée est par trop révolutionnaire.
Mais elle a du sens. C'est exactement ce qui s'est passé lorsque Jésus-Christ était sur Terre. Si j'avais vécu alors, je l'aurais vu comme un homme, avec une certaine taille, un certain poids, un certain physique. Une fois connecté à cette idée, j'ai commencé à me poser plein de questions. S'il vivait à l'heure actuelle, que je le rencontrais et avais une conversation avec lui, quelle expérience ce serait ? De quoi parlerait-on ? Comment se comporterait-il ? Quelle serait sa personnalité ? Si je l'invitais à dîner avec des amis, comme d'autre l'ont fait à son époque (Marc 2:15-17), pourrait-il se libérer ? S'il venait passer du temps avec nous, à manger et à discuter, dirait-il des choses profondes et sages tout le temps ? Serait-il plutôt charismatique ou bien discret ? Raconterait-il des anecdotes ? Est-ce qu'il rigolerait à des blagues, ou même en raconterait ? Reprendrait-il du dessert ? Se joindrait-il à nous ensuite pour faire une partie de Uno ? Je me souviens avoir vu un ami partager en ligne sa conjecture sur le profil MBTI de Jésus. Et pourquoi pas ?
On peut probablement trouver des éléments de réponse en lisant la Bible, et se faire sa propre opinion. En définitive, je ne sais pas à quel point c'est important de le savoir précisément. Mais je trouve que se poser ces questions m'a aidé à faire de Dieu et du Christ des personnages plus accessibles. Lorsqu'on étudie les Écritures, il n'y a pas vraiment de risque de trop les humaniser, mais le contraire reste possible, ce qui à mon sens est dommage.