Homosexualité et conformisme
Réflexions du dimanche...
Ce matin deux sujets ont attirés mon attention lors des réunions de mon église.
Conformisme au non-conformisme
Le premier était un discours dont la thèse, si j’ai bien suivi, était : nous aimons en général avoir l’approbation des autres, mais cette influence peut nous pousser à faire des choses mauvaises et/ou stupides, il nous faut donc rester ferme dans nos valeurs en dépit de l’influence du monde.
La question qui m’est venu, c’est : okay, mais quelle différence avec le fait de se faire influencer par le groupe que constituent les membres de sa propre église, par exemple ? Est-ce que le conformisme est moins « grave » dépendant du groupe auquel on se conforme ?
On pourrait penser que évidemment, il paraît plus sensé de suivre les préceptes de certains groupes que d’autres. Et bien sûr, au pupitre d’une église, on peut s’attendre à des encouragements à suivre certains préceptes, et pas d’autres. Mais je maintiens la question, pour faire remarquer qu’il est facile, au sein d’un groupe, de pointer du doigt le conformisme avec d’autres groupes ou philosophies non compatibles, mais plus difficile de réaliser qu’en ce faisant on encourage tout de même le conformisme (avec son propre groupe). Alors certes le conformisme cesse d’en être lorsqu’il s’agit d’un choix pesé et conscient, sans cesse renouvelé. Mais nous ne pouvons jamais nous soustraire à l’influence des autres, et spécialement de personnes ou de groupes importants pour nous. Dans nos choix de vie, notamment quelles valeurs nous voulons vivre et comment le faire, nous devons donc sans cesse faire avec les pressions sociales de ces groupes, qu’ils soient compatibles ou pas, ou que ces pressions nous soient visibles ou pas.
Homosexualité = pas normal ?
Le second sujet était le thème d’une discussion : la famille et la déclaration officielle de l’église à ce propos. La personne qui animait la discussion a choisit (parmi tous les thèmes possibles… no comment) de focaliser la discussion sur l’homosexualité, le mariage homosexuel, et le fait que le modèle de la famille traditionnelle est remis en cause ou « attaqué » dans nos sociétés modernes.
Je ne vais pas rentrer dans le contenu de la discussion, mais en tant qu’observateur c’était fascinant pour moi de voir se déployer autant de défenses. J’exagère à peine en disant que la première moitié de la discussion a consisté à pointer du doigt de qui est déviant et mal, et à défendre ce qui est normal et bien. Quelqu’un a dit « dans le monde, c’est accepté, c’est comme ça » (on retrouve le « nous vs. eux »). C’était agaçant pour moi, mais en même temps j’y ai vu une illustration de l’inconfort généré lorsque la vision du monde est remise en question, et les tentatives pour se rassurer en consolidant ses propres représentations (explications de l’homosexualité, grand sujet dans mon église…).
Heureusement, suite à la remarque d’un ami (qui a fait remarquer que s’il était lui-même homosexuel, il se sentirait très mal là), la discussion a pris des allures plus humaines, et on a parlé un peu plus de l’amour et l’acceptation. Mais c’est assez frappant de voir à quel point l’aspect Paternel de Dieu et ses commandements (aspect séparateur, ordonnateur, édictant des lois et donnant du sens – apollinien en quelque sorte) était le premier réflexe.
Pour ceux qui ont eu d’autres expériences ce matin, n’hésitez pas à partager !
Aussi, l'un des arguments avancés pour réfléchir sur la parentalité homosexuelle (son aspect non naturel en l’occurrence) m’a donné envie de me renseigner sur ce type d’erreur de logique, je prévois un futur post à ce sujet.
Commentaires
Choisir son maître est-il vraiment un oxymore1?
Pour moi, un peu comme d'habitude, tout dépend de ce qu'on entend par "choisir" et "maître". Je vois deux pôles à chaque fois : choisir dans le sens faire un choix une bonne fois pour toute et ne jamais revenir dessus, ou choisir en continu ; un maître qui va donner des ordres et qu'on doit (veut ? choisit de ?) suivre aveuglément (maîtrise de l'autre, despote) , ou un maître qui montre la voie et guide dans l'apprentissage d'une pratique (maîtrise d'un art, enseignant, mentor).
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Figure de style qui consiste à allier deux mots de sens contradictoires. ↩