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Sauvé ou guéri ? Repenser l'obéissance

Série "Sauvé vs. Guéri", POST 3

Comment bénéficier de ce pouvoir guérisseur ? Nos parents célestes nous ont donné des indications, des règles à suivre : l’Évangile de Jésus-Christ. Y obéir nous permet de guérir mais également d’éviter de blesser et d’être blessé. Cependant, le pourquoi de l’obéissance aux commandements et à l’Évangile est lui aussi en danger d’interprétation pénale.

"Lorsque nous obtenons une bénédiction quelconque de Dieu, c’est par l’obéissance à cette loi sur laquelle elle repose" (D&A 130:21)

obeissance

Cette écriture du rétablissement, vue dans le paradigme issu du protestantisme, pourrait donner une vision assez transactionnelle de l’obéissance, comme si nous devions nous plier aux lois qu’un souverain tout puissant a édicté si nous voulons récolter les bénédictions promises. Comme l’écrivent les Givens1 :

Un sujet qui défie son roi menace la souveraineté du roi. Le jugement et la punition doivent suivre. C'est la manière indubitable mais perverse dont le christianisme a longtemps enseigné Dieu, le péché et l'obéissance. Un prédicateur de cette école proclame "dans toute repentance et retour à Dieu, il doit y avoir un réel sentiment d'offense personnelle envers Dieu. Lorsque nous commettons un péché, c'est avant tout un péché contre Dieu ! L’essence du repentir est de réaliser à quel point nous avons heurté Dieu !"

C’est cette manière de voir qui rend Job si perplexe. A ses deux premiers amis qui insistent qu’il doit bien avoir offensé Dieu d’une manière ou d’une autre, il affirme qu’il a toujours été fidèle, ce à quoi ces amis rétorquent que si c’était le cas, ces malédictions ne seraient pas tombées sur lui. Puis arrive le troisième ami, Elihu, qui vient remettre en question ce paradigme :

"Si tu pèches, quel tort lui causes-tu ? Et quand tes péchés se multiplient, que lui fais-tu ? Si tu es juste, que lui donnes-tu ? Que reçoit-il de ta main ? Ta méchanceté ne peut nuire qu’à ton semblable, Ta justice n’est utile qu’au fils de l’homme." (Job 35:6-8)

C’est un renversement complet de la vision de Dieu en tant que souverain. Nos péchés ne diminuent pas Dieu ou son autorité !

De toute évidence, dans un certain sens, Dieu se soucie de nos choix pour le bien ou le mal. De toute évidence, dans un certain sens, Dieu répond à ces choix. Ce qu'Elihu remet en question, c'est le pourquoi de la réponse de Dieu... La préoccupation de Dieu est une préoccupation choisie et parentale. [En tant que parent], si mon enfant désobéit à mes conseils, je ne suis pas (ou pas réellement) en colère. [Idéalement] je ne réagis pas pour protéger ma dignité parentale... Je suis attristé car en ignorant le conseil né de mon amour et de ma sagesse, mon enfant s'expose au mal, à la douleur, à la déception. Je ne me tiens pas prêt à récompenser mon enfant pour son obéissance ou à le punir pour sa désobéissance.

Le point capital est que notre relation avec Dieu n'est pas basée sur la réciprocité. Cela ne peut pas être le cas, car les parents aiment l'enfant avant même que celui-ci ait conscience d'avoir un parent. Et l'affection de l'enfant pour ses parents ne devient digne du nom d'AMOUR que lorsqu'elle coule librement, indépendamment de la peur d'une part et de l'intérêt personnel de l'autre... L'obéissance tirée de nous par la peur est en réalité une forme d’esclavage. Motivée par la bénédiction, l’obéissance n'est qu'un calcul économique. Nous et Job apprenons que le motif de l'obéissance doit être l'amour1.

Encore une fois, c’est la raison principale de l’invitation du Christ à obéir, et à nous repentir. Russel M. Nelson a enseigné :

Dans les passages où le Sauveur appelle le peuple à se repentir, le mot traduit par « repentir » est le terme grec metanoeo. C’est un verbe grec très puissant. Le préfixe meta signifie « changer ». Il est aussi employé en anglais et dans d’autres langues. Par exemple, le mot métamorphose signifie « changement de forme ». Le suffixe noeo désigne un mot grec qui signifie « esprit ». Il se rapporte également à d’autres mots grecs qui signifient « connaissance » « esprit » et « souffle ».

Ne commençons-nous pas à voir l’étendue de ce que le Seigneur nous donne lorsqu’il nous offre le don du repentir ? Il nous demande de changer notre intelligence, notre connaissance, notre esprit et même notre souffle. Par exemple, lorsque nous nous repentons, nous sommes remplis de reconnaissance envers Dieu qui nous prête le souffle jour après jour. Et nous désirons utiliser ce souffle pour le servir, lui et ses enfants. Le repentir est un don magnifique. Il ne faut jamais redouter ce processus. C’est un don que nous devons recevoir avec joie et utiliser, même étreindre, jour après jour tandis que nous cherchons à devenir davantage comme notre Sauveur2.

suite dans le post suivant...

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  1. All Things New, Fiona et Terryl Givens 

  2. Russel M. Nelson, veillée Noël 2018