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Parlons encore un peu des tuiles

Ou : Comment réagir en cas d'épreuve

Suite à mon post d’hier, voici une vidéo excellente sur le sujet1, et aussi de petites précisions :

  • Lorsque l’adversité frappe à la porte, ça remue. Je pense ici aux « étapes du deuil », qui ne sont pas forcément des étapes suivies dans cet ordre mais plutôt des réactions naturelles de l’être humain faisant face à une situation difficile. C’est la grande braille, l’étape numéro 1 mentionnée par Jean Rochettte dans la vidéo. Une épreuve est un changement dans le statut quo, qui implique toujours des pertes (santé, relations, situations…), et face auquel nous devons nous restructurer. Le choc, le déni, la colère, la tristesse, la dépression sont des ressentis et des attitudes témoignant que quelque chose se passe, qu’un processus de réorganisation est à l’œuvre, ou du moins demande à s’accomplir. Faire de la place à ces vécus est, à mon sens, capital. Ils parlent de ce qui a de la valeur à nos yeux.

adversite

  • Jean Rochette parle de « donner du sens ». Il est important de préciser que c’est différent de « donner une explication ». Le sens ici ne signifie pas la cause, mais plutôt la manière de voir, la place que l’on donne à l’événement, et également ce qu’on en fait, la personne qu’on devient avec ça. Et oui, après coup, on pourrait être tenté de se dire « cette épreuve m’est arrivé pour ça, ou pour que j’apprenne ça » : grand retour de l’approche explicative ! Pour la nuancer, on pourrait aussi dire « il m’est arrivé ça, et j’ai choisit d’y réagir ainsi, cela m’a appris des choses, je ne suis plus la même personne ».
  • Je ne voudrais pas donner l’impression que tout le monde dans mon église a constamment une approche causaliste. C’est très prégnant, mais l’alternative l’est également ! Par exemple l’oratrice en question, après avoir cité les fameuses « catégories d’origine des épreuves », s’est plutôt étendue sur la manière de répondre à une difficultés, et mis l’accent sur l’aide divine. De manière plus générale, lorsqu’une autorité de l’église parle d’épreuves, elle suit le même cheminement, appuyant sur le fait que se demander pourquoi est souvent contre-productif et invitant à se demander plutôt « Qu’est-ce que Dieu voudrait que j’apprenne ? Comment puis-je grandir ou aider à grandir ? ».
  • Finalement, pour les croyants, l’invitation est justement de se tourner vers le divin. Quelque part il s’agit de réaliser que nous sommes peu de chose, et que nous avons besoin d’aide. Pour ceux qui croient en une force supérieure, l’appel est souvent à l’humilité et à la connexion avec quelque chose de plus grand. Ce sentiment de connexion s’obtient en partie en partageant sincèrement ce qui nous arrive et ce que ça nous fait vivre, et également en s’en remettant au pouvoir d’un être bienveillant qui veut nous aider à grandir. Quelle que soit la forme que nous donnons à ce pouvoir supérieur bienveillant, s’y connecter permet de commencer à donner du sens, et également d’activer un pouvoir de résilience difficile d’accès autrement. Voir à ce sujet l’excellent podcast de FaithMatters sur l’impact de la spiritualité 2.