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Comment se déresponsabiliser

Dieu est toujours en train d'écrire votre histoire. Cessez d'essayer de voler la plume. Faites confiance à l'auteur.

Mouais. Ou comment se déresponsabiliser totalement.

citation

Oui...

Commençons par dire que l’idée, maladroitement exprimée, qu’on décèle derrière cette citation est assez puissante. Tentons une reformulation pour voir si on lit tous la même chose : « Dans la vie, il y a des choses qu’on ne maîtrise pas, qui sont hors de notre contrôle, et auxquelles il faut faire face et s’adapter. Lutter contre ça, se débattre, éprouver de la rancune envers l’univers, ça ne va pas avancer à grand-chose. En revanche, avoir une attitude de confiance sereine, garder espoir, ça va permettre d’avancer dans de meilleures conditions ». Bon, je brode un peu, mais c’est ce que je comprends de l’idée. Vous comprenez la même chose ?

Mais !

Bon, alors qu’est-ce que l’histoire de « voler la plume » vient faire là-dedans ? Est-ce que l’idée de la vie ce n’est pas, à la base, de choisir, encore et toujours, à chaque instant, comment on va décider de vivre ? Et le libre-arbitre ? Je trouve l’idée de voler la plume à Dieu ridicule, étant donné qu’en principe c’est lui qui nous l’a donnée. Nous sommes censés écrire notre histoire tout seuls ! Enfin tous seuls… Si on croit en ces choses-là, on peut partir du principe qu’on va avoir de l’aide, mais au final c’est à nous d’écrire, de choisir ! D’inventer, de créer. D’exister. Avec toutes les contraintes d’écriture étant les nôtres.

Dire que Dieu écrit notre histoire peut être réconfortante, mais c’est se décharger un peu trop et refuser de faire face à l’incertitude et notre responsabilité de créer notre vie. C’est voir le créateur comme une grand marionnettiste, et nous voir, mortels que nous sommes, au mieux comme des voitures téléguidées.


Commentaires

C’est drôle parce que ma première interprétation ça n’était pas tant envers les complications de la vie qu’on ne maîtrise pas, mais plutôt l’idée que Dieu nous place dans les endroits où « l’on doit être » (entre guillemets parce que ça suggère qu’il n’y a qu’un endroit où l’on devrait être) et met sur notre chemin les personnes que l’on doit rencontrer. Dans les deux interprétations, ça suggère effectivement un Dieu interventionniste. Et si Dieu tient effectivement les marionnettes et est au contrôle de tout et tout le monde, alors on n’a plus besoin de réfléchir et on a juste à suivre passivement. Non seulement on n’a plus besoin de réfléchir, mais réfléchir est synonyme de danger. C’est drôle l’idée de voler la plume c’est vrai, comme si à trop utiliser notre libre arbitre, on risquait de contrarier le déroulement de l’univers.