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2020

"Regardez comme ma vie est cool"

Ou : A quel point devrions-nous afficher ce pour quoi nous sommes reconnaissants ?

Le président de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Russell Nelson, a partagé il y a quelques jours un message d'espoir et de réconfort en ces temps troublés1. Comme beaucoup, j'ai été touché par cette invitation à nous focaliser sur la gratitude, à compter les choses qui font que notre vie est plus belle. J'ai l'intention de suivre cette invitation simple.

Cependant, j'ai pensé à une ornière dans laquelle nous pouvons tomber.

La culture de l'église peut-elle être dangereuse pour la santé mentale ?

Ou : Traduction d'extraits d'un article1 qui m'a fait réfléchir...

Il est logique que des membres ayant différents problèmes de santé mentale, différents besoins émotionnels et différentes sources de douleur psychique aient des expériences variées dans ce système [qu'est l'église]. Comment alors devons-nous comprendre et aborder cette variété d'expériences ?

Dans notre culture, on accorde une grande confiance aux expériences individuelles et on valorise les réponses émotionnelles personnelles à la vérité. Nous nous tenons à la chaire [...] et nous témoignons : « Je sais », « J'ai ressenti », « Je crois ». Si faire confiance à nos interprétations individuelles de l'expérience peut être valorisant et libérateur, il peut également créer un angle mort culturel pour comprendre et valoriser les expériences des autres. C'est un raccourci cognitif de supposer que, parce que le fait d'être membre de l'église a profité à ma santé mentale, cela doit également être le cas pour les autres.

Dois-je trouver le vrai moi ou le créer ?

Ou : Introduction à l'authenticité existentielle

De nos jours, on entend partout qu'il faut retrouver notre vrai moi. On nous dit que la source de toutes nos souffrances est d'en être séparé, et qu'en trouvant et exprimant qui nous sommes vraiment, nos problèmes vont se résoudre d'eux-même. Ceci présuppose qu'il y a un "vrai nous" quelque part à l'intérieur qu'on peut trouver. Il s'agit d'une vision essentialiste, c'est-à-dire basée sur l'idée que l'homme a une essence, quelque chose au fond de lui qui fait qu'il est qui il est, qui ne change pas. Selon cette définition, être authentique c'est manifester ce vrai soi, ce qu'il y a "pour de vrai" à l'intérieur (j'y reviendrai). Par exemple, dans beaucoup de religions, l'homme a une nature divine, qu'il est appelée à manifester.

Si Dieu n'existe pas, cela vaut-il le coup d'aller à l'église ?

Ou : le Pari de la Foi de Pascal, revisité par Nietzsche et Kierkegaard

Afin de secouer l'athée en quête de jouissances, Pascal lui propose son fameux pari de la foi. Il l'invite à considérer le coût potentiel de vivre comme si Dieu n'existait pas : si on se trompe, on risque gros et on devra supporter les conséquences d'avoir dilapidé sa vie. Pascal invite son lecteur à parier pour l'existence de Dieu. "Si vous gagnez, vous gagnez tout, dit-il. Si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter."

Comment exploiter les failles de l'accusation lors d'un procès ?

Ou : conflits de visions du monde - selon Abinadi

Lors du procès du prophète Abinadi, les prêtres essaient de le faire se contredire, mais s'aperçoivent que c'est plus difficile que prévu. Quelqu'un lui demande ce que signifie cette fameuse prophétie d'Ésaïe "Qu'ils sont beaux... les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles ! ... Éclatez ensemble en cris de joie, ruines de Jérusalem ! ..." (Mosiah 12:18-24).

Je l'enlève, ce clou, ou je ne l'enlève pas ?

Ou : faire cohabiter le "rester avec" et le "réparer"

Connaissez-vous ce clip vidéo1 ? Un couple discute. La femme tente d'expliquer la douleur qu'elle ressent. L'homme lui fait remarquer qu'elle a un clou planté dans le front. Si elle voulait juste l'enlever... La femme lui reproche de vouloir toujours "réparer" les choses et ne se sent pas écoutée. L'homme prend sur lui et fait preuve d'empathie. La femme se sent mieux, ils s'embrassent. Mais ce faisant, l'homme heurte le clou et la dispute recommence.

Combien mesure Dieu ?

Ou : Interrogations sur la personnalité de Jésus

"Si ça se tombe, Dieu est plus petit que moi !" Cette pensée m'a presque renversé. J'étais parti de Mosiah 7:27-28. Ces deux versets résument une partie du message du prophète Abinadi, à savoir que l'homme est créé à l'image de Dieu, et que le Père enverra son fils (nommé Dieu également) se faire homme parmi les hommes. Ce fut ce "blasphème" qui fut retenu contre lui lors de son "procès". En lisant une écriture associée bien connue (D&A 130:22) qui explique que Dieu a un corps physique ressuscité, tout comme le Christ, je ne sais pour quelle raison, je me suis imaginé Dieu debout à côté de moi dans mon bureau. Et là ça m'a frappé. Si je me levais, étant une personne d'une taille supérieure à la moyenne, il y a de grandes chances pour que je sois plus grand que lui !

Peut-on être vraiment soi-même au sein d'un groupe ?

Ou : parvenir à "l'unité de la foi" - on n'y est pas encore...

Un des axes de tension les plus fondamentaux dans la condition humaine est celui qui oppose appartenance et individualisation. D'un côté, il y a l'attirance du groupe, le désir d'être accepté, de se sentir appartenir, de se sentir en sécurité ou plus fort à plusieurs, quitte à sacrifier une partie de notre liberté et de notre identité. De l'autre, il y a le désir d'émancipation, de singularisation, l'envie de suivre sa propre voie et ses propres questions, de grandir de sa propre manière, quitte à s'écarter du groupe et du soutien qu'il apporte.

Que faire quand les choses deviennent trop difficiles ?

Ou : La liberté existentielle - selon Gandalf

  • Je voudrais que l’anneau ne soit jamais venu à moi. Que rien de tout ceci ne se soit passé.

  • Comme tous ceux qui vivent des heures si sombres, mais ce n’est pas à eux de décider. Tout ce que vous avez à décidez, c’est quoi faire du temps qui vous est imparti.

Frodon souffre. Son présent n'est pas terrible et son futur ne va probablement pas être mieux. Il cède dont à une tentation dans laquelle il est facile de tomber : il regarde son passé à la lumière du présent et du futur et aimerait qu'il ait été différent.