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2022

Pourquoi croit-on aux théories du complot ?

Selon la psychologie sociale 1 2, il y a trois sources de motivation principales :

Motivation épistémique

Face à une situation qu’on perçois comme chaotique et dangereuse (tours jumelles, COVID...), on fait l’expérience de l’anxiété. On a besoin de se rassurer et de donner une explication aux événements (donc combattre l’incertitude en tant que « manque de sens »). Ce besoin de sens, de narration, est particulièrement important après un ou des traumatismes. Suite à des situations traumatisantes (personnelles ou sociétales), les théories du complot sont tentantes car elles fournissent des explications souvent simples et mono-causales (c’est de la faute de … qui nous veulent du mal).

Sautera ? Sautera pas ?

Ou : La foi et la peur sont-elles réellement incompatibles ?

Il s’avère que les discours dans ma congrégation sont des sources prolifiques de questionnements pour moi. Dimanche dernier, la phrase qui a attiré mon attention est : « la foi et la peur ne peuvent pas fonctionner ensemble. » C’est d’ailleurs un leitmotiv dans mon église, pour ne citer que deux sources : « La foi et la peur ne peuvent coexister. L’une cède la place à l’autre » (Pearson, 2009) et « La peur et la foi ne peuvent pas coexister dans notre cœur » (Andersen, 2008).

Alors clairement, je ne suis pas d’accord. Et ce sur plusieurs plans.

Parlons encore un peu des tuiles

Ou : Comment réagir en cas d'épreuve

Suite à mon post d’hier, voici une vidéo excellente sur le sujet1, et aussi de petites précisions :

  • Lorsque l’adversité frappe à la porte, ça remue. Je pense ici aux « étapes du deuil », qui ne sont pas forcément des étapes suivies dans cet ordre mais plutôt des réactions naturelles de l’être humain faisant face à une situation difficile. C’est la grande braille, l’étape numéro 1 mentionnée par Jean Rochettte dans la vidéo. Une épreuve est un changement dans le statut quo, qui implique toujours des pertes (santé, relations, situations…), et face auquel nous devons nous restructurer. Le choc, le déni, la colère, la tristesse, la dépression sont des ressentis et des attitudes témoignant que quelque chose se passe, qu’un processus de réorganisation est à l’œuvre, ou du moins demande à s’accomplir. Faire de la place à ces vécus est, à mon sens, capital. Ils parlent de ce qui a de la valeur à nos yeux.

« Pourquoi ? » n’est pas toujours une bonne question...

Ou : chercher des raisons aux épreuves

Ce matin, dans un très beau discours sur l’adversité, une phrase a attiré mon attention. Après avoir relaté les épreuves subies par les victimes des camps de concentration ou de la guerre en Ukraine, l’oratrice a dit « Après tout ça, je ne sais toujours pas pourquoi les épreuves arrivent ».

Pourquoi. C’est la grande question, non ?

Sauvé ou guéri ? L'amour pour nos semblables

Série "Sauvé vs. Guéri", POST 5

Finalement, notre lien avec nos semblables est vital dans cette manière rétablie de voir Dieu. La vision traditionnelle d'un Dieu "jaloux" qui demande qu'on l'aime par dessus tout a souvent conduit à la notion que tout autre attachement terrestre (y compris relationnel) pouvait nous empêcher d'atteindre Dieu et son paradis. Les Givens écrivent1

La peur d'aimer sa famille ou d’autres proches plus que Dieu a longtemps imprégné la culture chrétienne. Le rétablissement revisite cette longue tradition. Jésus a nommé l'amour de Dieu en premier dans la hiérarchie des commandements célestes, suivi de l'amour des autres (Matt 22:38-39). Cependant, quand Hénoc demande à Dieu le Père en pleurs la cause de ses larmes, sa réponse a trois dimensions étonnantes.

Sauvé ou guéri ? La foi de ne pas être guéri

Série "Sauvé vs. Guéri", POST 4

Une composante essentielle de notre chemin de guérison est la foi en Jésus-Christ. Et il y a une bonne raison pour laquelle le premier principe de l’Évangile est la foi, et non la connaissance.

David A. Bednar raconte1 l’histoire d’un jeune couple qu’il connaissait, dont le mari avait contracté un cancer sérieux. Lors d’une visite à l’hôpital, le mari lui demanda une bénédiction de santé, sa femme et lui plein de foi pour être guéris. Lors d’une conversation puissante, Elder Bednar lui posa alors la question :

John, avez-vous la foi pour ne pas guérir ? Si c’est la volonté de notre Père céleste que vous soyez transféré dans votre jeunesse, par la mort, au monde des esprits pour y poursuivre votre ministère, avez-vous la foi pour vous soumettre à sa volonté et ne pas guérir ?

Sauvé ou guéri ? Repenser l'obéissance

Série "Sauvé vs. Guéri", POST 3

Comment bénéficier de ce pouvoir guérisseur ? Nos parents célestes nous ont donné des indications, des règles à suivre : l’Évangile de Jésus-Christ. Y obéir nous permet de guérir mais également d’éviter de blesser et d’être blessé. Cependant, le pourquoi de l’obéissance aux commandements et à l’Évangile est lui aussi en danger d’interprétation pénale.

"Lorsque nous obtenons une bénédiction quelconque de Dieu, c’est par l’obéissance à cette loi sur laquelle elle repose" (D&A 130:21)

Sauvé ou guéri ? Un changement de paradigme

Série "Sauvé vs. Guéri", POST 2

Les Givens écrivent1 :

Une théologienne éminente a suggéré que le christianisme a un gros problème avec son utilisation historique des analogies juridiques et criminelle comme modèle de théologie de l'expiation. Elle suggère que la «guérison» pourrait être plus appropriée en tant que concept clé. Ce concept de guérison ne marquerait pas une innovation, mais plutôt une correction de l'analogie lamentable de Calvin de l'humanité à "un pauvre criminel avec une corde autour du cou". Cela nous ramènerait à une croyance essentielle de l’église chrétienne primitive : l'humanité est blessée et l'expiation est la guérison.

Sauvé ou guéri ? Le paradigme pénal

Série "Sauvé vs. Guéri", POST 1

Pendant de nombreuses années, le docteur Gabor Maté a été docteur dans un ghetto de Vancouver, au Canada, avec des toxicomanes comme patients réguliers. Dans son livre sur l'addiction1, il nous fait découvrir la réalité de la vie misérable de ces gens, leurs habitudes néfastes mais extrêmement difficiles à changer, et leur passé difficile rempli de sévices de toutes sortes. Il montre comment le développement du cerveau et de la personnalité souffre dans de telles conditions, et comment les addictions se développent.

Puis, il fait ce commentaire très juste :

Qui suis-je ?

Ou : Plongée en apnée dans la conception non-dualiste

Avertissement: post un peu ardu, accrochez-vous à vos chaussettes.

Rentrons directement dans le vif du sujet avec un extrait (traduction maison) d’un entretien avec le maître spirituel Hindou Nisargadatta Maharaj 1, qui enseigne de manière directe et simple la non-dualité. Voyez plutôt :

Visiteur : Vous avez dit un jour que « celui qui voit », « le fait de voir » et « ce qui est vu » sont une seule et même chose, et non trois. Pour moi, ces choses sont séparées. Je ne doute pas de vos paroles, c’est juste que je ne comprends pas.

Maharaj : Regardez attentivement, et vous verrez que celui qui voit et ce qui est vu n’apparaissent que lorsqu’il y a l’action de voir. Ils sont des attributs du fait de voir. Quand vous dites « je vois ceci », le « je » et le « ceci » viennent avec le fait de voir, et pas avant. Vous ne pouvez pas avoir un « ceci » non vu, ou un « je » qui ne voit pas.