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Croyances

Peut-on se réjouir du malheur des autres ?

J’ai pensé à cette question lorsque quelqu’un a récemment mentionné le verset d’écriture suivant dans un discours : « quand Alma entendit cela … il regarda avec une grande joie ; car il voyait que leurs afflictions les avaient réellement rendus humbles, et qu’ils étaient prêts à entendre la parole » (Alma 32:6). Alma est un prophète qui voit venir à lui des gens d’une strate « inférieure » de la société, qui ont l’air de souffrir. Je me suis interrogé sur son premier réflexe. J’avais toujours lu cette réaction comme une réjouissance justifiée d’un homme qui voit qu’il va pouvoir aider son prochain. Mais cette fois-ci je l’ai lue un peu différemment...

"Le Monde" peut-il comprendre l'engagement spirituel ?

Ou : encore une fausse dichotomie...

Dans un article paru l’année dernière1, un apôtre raconte l’histoire de ses ancêtres danois, un couple avec des jeunes enfants qui, suite à leur conversion, décident d’émigrer aux États-Unis pour rejoindre l’appel du prophète de se rassembler. Ils quittent une ferme prospère et une vie confortable, s’engageant dans un voyage dangereux. Au cours de la traversée de l’Atlantique, comme d’autres passagers, le père succombe au virus de la rougeole. Tragique. L’apôtre interroge, « est-ce que ça en valait la peine ? », et répond aussitôt « je suis certain que le monde répondrait que non. » Hein ?!?

Adam, Eve et le patriacat

Pour parler de patriarcat, rien de tel qu’une petite question choc : « pourquoi Dieu a-t-il créé Ève ? » C’est par cette question qu’un homme a commencé son témoignage au pupitre. Et honnêtement, je ne me souviens plus précisément de ce qu’il a dit après (si ce n’est que c’était dans la même veine), tellement la question m’a interpelée. C’était comme si les éléments d’un puzzle s’assemblaient dans ma tête. J’ai réalisé que tout le système patriarcal vient probablement de cette histoire.

Les mots ne peuvent pas exprimer...

Parlons d'une forme d'aveuglement volontaire

On entend parfois « les mots ne peuvent pas exprimer... ». Souvent c’est associé à une expérience, à des sensations complexes ressenties par une personne. J’ai récemment entendu une jeune femme employer ce type d’expression pour décrire, ou plutôt ne pas décrire, une expérience spirituelle qu’elle avait eu. « Je ne peux pas décrire ce que j’ai ressenti à ce moment-là, c’était tellement fort ! » Alors oui et non.

Petites réflexions en vrac sur la perfection / le perfectionnisme

  • Se focaliser sur la perfection et l’obéissance exacte permet de garder une illusion de contrôle. J’obéis et je fais tout ce que je dois faire, du coup je maîtrise mon futur (je serai sauvé) et contrôle dans une certaine mesure les bénédictions et la protection divines que je reçois. J’ai ainsi l’impression d’être protégé de l’incertitude, du hasard, de la mauvaise fortune, et de l’inconnu.
  • Faire de son mieux est l’alternative classique. Tout le monde sait qu’on ne peut pas être parfait, mais il faut faire de son mieux. Cependant si on ne fait pas attention, le perfectionnisme qu’on avait chassé par la porte peut rentrer par la fenêtre. Quel est mon maximum ? Comment je sais si je l’atteins ? Je devrais sans doute en faire plus, au cas où je n’ai pas atteint mon maximum… Une limite incertaine et qu’on peut rehausser à loisir est-elle tellement meilleure qu’une limite infiniment haute ?

Pourquoi croit-on aux théories du complot ?

Selon la psychologie sociale 1 2, il y a trois sources de motivation principales :

Motivation épistémique

Face à une situation qu’on perçois comme chaotique et dangereuse (tours jumelles, COVID...), on fait l’expérience de l’anxiété. On a besoin de se rassurer et de donner une explication aux événements (donc combattre l’incertitude en tant que « manque de sens »). Ce besoin de sens, de narration, est particulièrement important après un ou des traumatismes. Suite à des situations traumatisantes (personnelles ou sociétales), les théories du complot sont tentantes car elles fournissent des explications souvent simples et mono-causales (c’est de la faute de … qui nous veulent du mal).

Sautera ? Sautera pas ?

Ou : La foi et la peur sont-elles réellement incompatibles ?

Il s’avère que les discours dans ma congrégation sont des sources prolifiques de questionnements pour moi. Dimanche dernier, la phrase qui a attiré mon attention est : « la foi et la peur ne peuvent pas fonctionner ensemble. » C’est d’ailleurs un leitmotiv dans mon église, pour ne citer que deux sources : « La foi et la peur ne peuvent coexister. L’une cède la place à l’autre » (Pearson, 2009) et « La peur et la foi ne peuvent pas coexister dans notre cœur » (Andersen, 2008).

Alors clairement, je ne suis pas d’accord. Et ce sur plusieurs plans.

Sauvé ou guéri ? L'amour pour nos semblables

Série "Sauvé vs. Guéri", POST 5

Finalement, notre lien avec nos semblables est vital dans cette manière rétablie de voir Dieu. La vision traditionnelle d'un Dieu "jaloux" qui demande qu'on l'aime par dessus tout a souvent conduit à la notion que tout autre attachement terrestre (y compris relationnel) pouvait nous empêcher d'atteindre Dieu et son paradis. Les Givens écrivent1

La peur d'aimer sa famille ou d’autres proches plus que Dieu a longtemps imprégné la culture chrétienne. Le rétablissement revisite cette longue tradition. Jésus a nommé l'amour de Dieu en premier dans la hiérarchie des commandements célestes, suivi de l'amour des autres (Matt 22:38-39). Cependant, quand Hénoc demande à Dieu le Père en pleurs la cause de ses larmes, sa réponse a trois dimensions étonnantes.

Sauvé ou guéri ? La foi de ne pas être guéri

Série "Sauvé vs. Guéri", POST 4

Une composante essentielle de notre chemin de guérison est la foi en Jésus-Christ. Et il y a une bonne raison pour laquelle le premier principe de l’Évangile est la foi, et non la connaissance.

David A. Bednar raconte1 l’histoire d’un jeune couple qu’il connaissait, dont le mari avait contracté un cancer sérieux. Lors d’une visite à l’hôpital, le mari lui demanda une bénédiction de santé, sa femme et lui plein de foi pour être guéris. Lors d’une conversation puissante, Elder Bednar lui posa alors la question :

John, avez-vous la foi pour ne pas guérir ? Si c’est la volonté de notre Père céleste que vous soyez transféré dans votre jeunesse, par la mort, au monde des esprits pour y poursuivre votre ministère, avez-vous la foi pour vous soumettre à sa volonté et ne pas guérir ?