Ou : Suffit-il de s’affranchir de ses croyances pour être libre ?
Réflexions sur la Liberté, POST 1
Il y a quelques temps, un ami a posté la citation suivante sur les réseaux sociaux :
« J'ai commencé à être libre quand j'ai découvert que la cage était faite de pensées. »
Après avoir apprécié la justesse de cette phrase, je me suis néanmoins dit « c’est plus compliqué que ça ! ». Vous commencez à avoir l’habitude, non ? 😉
Aujourd’hui, on parle de jugement hâtif (et, quelque part, encore d’aveuglement...). Dr Seuss, auteur américain de livres pour enfants, raconte l’histoire de deux créature (des Zax), dont l’une va vers le nord et l’autre vers le sud. Comme il s’avère qu’elles sont sur le chemin l’une de l’autre, elles s’arrêtent, insistent pour que l’autre la laisse passer, s’entêtent et restent là à se chamailler (suffisamment longtemps pour qu’on construise une ville autours d’eux).
Une histoire pour enfants rigolote pleine de rimes et de jeux de mots. Sauf que la conclusion qu’en tirait la personne que j’ai entendu raconter l’histoire était : « souvent, on reste focalisé sur des choses sans grande importance. » Comment dire… Bah non en fait !
On entend parfois « les mots ne peuvent pas exprimer... ». Souvent c’est associé à une expérience, à des sensations complexes ressenties par une personne. J’ai récemment entendu une jeune femme employer ce type d’expression pour décrire, ou plutôt ne pas décrire, une expérience spirituelle qu’elle avait eu. « Je ne peux pas décrire ce que j’ai ressenti à ce moment-là, c’était tellement fort ! » Alors oui et non.
Ou : La foi et la peur sont-elles réellement incompatibles ?
Il s’avère que les discours dans ma congrégation sont des sources prolifiques de questionnements pour moi. Dimanche dernier, la phrase qui a attiré mon attention est : « la foi et la peur ne peuvent pas fonctionner ensemble. » C’est d’ailleurs un leitmotiv dans mon église, pour ne citer que deux sources : « La foi et la peur ne peuvent coexister. L’une cède la place à l’autre » (Pearson, 2009) et « La peur et la foi ne peuvent pas coexister dans notre cœur » (Andersen, 2008).
Alors clairement, je ne suis pas d’accord. Et ce sur plusieurs plans.
Suite à mon post d’hier, voici une vidéo excellente sur le sujet1, et aussi de petites précisions :
Lorsque l’adversité frappe à la porte, ça remue. Je pense ici aux « étapes du deuil », qui ne sont pas forcément des étapes suivies dans cet ordre mais plutôt des réactions naturelles de l’être humain faisant face à une situation difficile. C’est la grande braille, l’étape numéro 1 mentionnée par Jean Rochettte dans la vidéo. Une épreuve est un changement dans le statut quo, qui implique toujours des pertes (santé, relations, situations…), et face auquel nous devons nous restructurer. Le choc, le déni, la colère, la tristesse, la dépression sont des ressentis et des attitudes témoignant que quelque chose se passe, qu’un processus de réorganisation est à l’œuvre, ou du moins demande à s’accomplir. Faire de la place à ces vécus est, à mon sens, capital. Ils parlent de ce qui a de la valeur à nos yeux.
Ce matin, dans un très beau discours sur l’adversité, une phrase a attiré mon attention. Après avoir relaté les épreuves subies par les victimes des camps de concentration ou de la guerre en Ukraine, l’oratrice a dit « Après tout ça, je ne sais toujours pas pourquoi les épreuves arrivent ».
Ou : Plongée en apnée dans la conception non-dualiste
Avertissement: post un peu ardu, accrochez-vous à vos chaussettes.
Rentrons directement dans le vif du sujet avec un extrait (traduction maison) d’un entretien avec le maître spirituel Hindou Nisargadatta Maharaj 1, qui enseigne de manière directe et simple la non-dualité. Voyez plutôt :
Visiteur : Vous avez dit un jour que « celui qui voit », « le fait de voir » et « ce qui est vu » sont une seule et même chose, et non trois. Pour moi, ces choses sont séparées. Je ne doute pas de vos paroles, c’est juste que je ne comprends pas.
Maharaj : Regardez attentivement, et vous verrez que celui qui voit et ce qui est vu n’apparaissent que lorsqu’il y a l’action de voir. Ils sont des attributs du fait de voir. Quand vous dites « je vois ceci », le « je » et le « ceci » viennent avec le fait de voir, et pas avant. Vous ne pouvez pas avoir un « ceci » non vu, ou un « je » qui ne voit pas.
Le premier était un discours dont la thèse, si j’ai bien suivi, était : nous aimons en général avoir l’approbation des autres, mais cette influence peut nous pousser à faire des choses mauvaises et/ou stupides, il nous faut donc rester ferme dans nos valeurs en dépit de l’influence du monde.
La question qui m’est venu, c’est : okay, mais quelle différence avec le fait de se faire influencer par le groupe que constituent les membres de sa propre église, par exemple ? Est-ce que le conformisme est moins « grave » dépendant du groupe auquel on se conforme ?