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Existentialisme

Comment ne pas être un mouton

Ou : un système de croyance m'empêche-t-il d'être libre ?

Série "Enjeux existentiels et religion", POST 1

Posons déjà le contexte. Irvin Yalom, psychiatre existentiel américain, considère qu'en tant qu'être humains, nous sommes tous confrontés à 4 grands enjeux : la mort, le manque de sens, l'incertitude et la solitude1. Certes, d'autres penseurs ont pointé d'autres données communes aux humains, comme la souffrance, le fait d'être avec des autres, le fait d'être inséré dans le temps, etc. Mais comme il faut bien commencer quelque part, prenons dans un premier temps les enjeux pointés par Yalom.

Dois-je trouver le vrai moi ou le créer ?

Ou : Introduction à l'authenticité existentielle

De nos jours, on entend partout qu'il faut retrouver notre vrai moi. On nous dit que la source de toutes nos souffrances est d'en être séparé, et qu'en trouvant et exprimant qui nous sommes vraiment, nos problèmes vont se résoudre d'eux-même. Ceci présuppose qu'il y a un "vrai nous" quelque part à l'intérieur qu'on peut trouver. Il s'agit d'une vision essentialiste, c'est-à-dire basée sur l'idée que l'homme a une essence, quelque chose au fond de lui qui fait qu'il est qui il est, qui ne change pas. Selon cette définition, être authentique c'est manifester ce vrai soi, ce qu'il y a "pour de vrai" à l'intérieur (j'y reviendrai). Par exemple, dans beaucoup de religions, l'homme a une nature divine, qu'il est appelée à manifester.

Si Dieu n'existe pas, cela vaut-il le coup d'aller à l'église ?

Ou : le Pari de la Foi de Pascal, revisité par Nietzsche et Kierkegaard

Afin de secouer l'athée en quête de jouissances, Pascal lui propose son fameux pari de la foi. Il l'invite à considérer le coût potentiel de vivre comme si Dieu n'existait pas : si on se trompe, on risque gros et on devra supporter les conséquences d'avoir dilapidé sa vie. Pascal invite son lecteur à parier pour l'existence de Dieu. "Si vous gagnez, vous gagnez tout, dit-il. Si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter."

Que faire quand les choses deviennent trop difficiles ?

Ou : La liberté existentielle - selon Gandalf

  • Je voudrais que l’anneau ne soit jamais venu à moi. Que rien de tout ceci ne se soit passé.

  • Comme tous ceux qui vivent des heures si sombres, mais ce n’est pas à eux de décider. Tout ce que vous avez à décidez, c’est quoi faire du temps qui vous est imparti.

Frodon souffre. Son présent n'est pas terrible et son futur ne va probablement pas être mieux. Il cède dont à une tentation dans laquelle il est facile de tomber : il regarde son passé à la lumière du présent et du futur et aimerait qu'il ait été différent.