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Psychologie

Pression et essoufflement : quand la religion en demande beaucoup

On en remet une couche

Pour faire écho à cet article publié il y a quelques années1, il y a quelque temps j’ai partagé sur les réseaux sociaux le post d’un ami. Il y partageait ses expériences et ressentis d’enfant et d’adolescent au sein de son église, et la pression qu’il avait ressenti pour être parfait, faire toujours mieux, et se repentir constamment. Les réactions à ce post ont été pour le moins intéressantes...

Devrais-je juste ne rien dire ?

Ou : Pourquoi refuser de critiquer n’est pas une si bonne idée que ça…

Série sur les dirigeants, POST 3

Après avoir partagé mon impression (confirmée depuis par plusieurs personnes) que les dirigeants sont parfois mis sur un piédestal, et une conséquence qu’est le syndrome du super-héros, je voudrais parler à présent du problème de la critique. Pourquoi a-t-on tendance à critiquer ses dirigeants, ou à ne pas le faire ? Dans quels cas est-ce pertinent ? Et surtout, comment bien le faire ? Comme vous allez le voir, pour moi dans l’église le problème est double : niveau quantité, il y a à la fois pas assez de critique et trop de critique, et niveau qualité, eh bien c’est pas terrible.

Buzz l’Eclair, à la rescousse !

Ou : Le syndrome du super-héros et ses deux conséquences : burn-out et gourou

Série sur les dirigeants, POST 2

Une des grandes difficultés dans le rôle de dirigeant dans mon église, et spécialement les rôles de dirigeants de prêtrise locaux (Épiscopats / Présidences de pieu), c’est ce que ces positions demandent des personnes, et les attentes qui se développent par rapport à ces rôles. Pour ceux qui ne connaissent pas vraiment le mormonisme, on peut résumer ainsi : avec pas ou peu de formation, on attend souvent d’un évêque qu’il soit un gestionnaire, un dirigeant d’entreprise, un conseiller conjugal, un psychothérapeute, un expert du développement humain, un sexologue et un expert en résolution de conflits, tout ça avec le bon dosage d’amour et de poigne.

Être président ? Oui s’il-vous-plaît / Non merci

Ou : les angles morts du rôle de dirigeant (religieux et plus si affinité)

Série sur les dirigeants, POST 1

J’ai récemment réfléchi au rôle de dirigeant ecclésiastique, particulièrement celui de dirigeant haut placé dans mon église. Tout en respectant les personnes ayant ces positions et l’aide qu’elles apportent, j’ai pensé à un certain nombre de problèmes sociologiques et angles morts liés à ces positions, et dont j’aimerais parler.

Petites réflexions en vrac sur la perfection / le perfectionnisme

  • Se focaliser sur la perfection et l’obéissance exacte permet de garder une illusion de contrôle. J’obéis et je fais tout ce que je dois faire, du coup je maîtrise mon futur (je serai sauvé) et contrôle dans une certaine mesure les bénédictions et la protection divines que je reçois. J’ai ainsi l’impression d’être protégé de l’incertitude, du hasard, de la mauvaise fortune, et de l’inconnu.
  • Faire de son mieux est l’alternative classique. Tout le monde sait qu’on ne peut pas être parfait, mais il faut faire de son mieux. Cependant si on ne fait pas attention, le perfectionnisme qu’on avait chassé par la porte peut rentrer par la fenêtre. Quel est mon maximum ? Comment je sais si je l’atteins ? Je devrais sans doute en faire plus, au cas où je n’ai pas atteint mon maximum… Une limite incertaine et qu’on peut rehausser à loisir est-elle tellement meilleure qu’une limite infiniment haute ?

Pourquoi croit-on aux théories du complot ?

Selon la psychologie sociale 1 2, il y a trois sources de motivation principales :

Motivation épistémique

Face à une situation qu’on perçois comme chaotique et dangereuse (tours jumelles, COVID...), on fait l’expérience de l’anxiété. On a besoin de se rassurer et de donner une explication aux événements (donc combattre l’incertitude en tant que « manque de sens »). Ce besoin de sens, de narration, est particulièrement important après un ou des traumatismes. Suite à des situations traumatisantes (personnelles ou sociétales), les théories du complot sont tentantes car elles fournissent des explications souvent simples et mono-causales (c’est de la faute de … qui nous veulent du mal).

Les aspects maternel et paternel de l’amour de Dieu

Ou : Réflexions sur l'amour - partie 2

Série "Culture Judéo-chrétienne", POST 3

AVERTISSEMENT : CF post précédent ;)

On a vu dans le post précédent les qualités symboliques de l’amour maternel (inconditionnel, générateur d’anxiété mais aussi de béatitude et sécurité) et de l’amour paternel (conditionnel, générateur de culpabilité mais aussi de progrès et sentiment de contrôle). Comment ces aspects s’appliquent-ils à notre relation à Dieu (quelle que soit sa nature ou son intensité) ?

L'amour maternel et l'amour paternel

Ou : Réflexions sur l'amour - partie 1

Série "Culture Judéo-chrétienne", POST 2

AVERTISSEMENT : Il est possible que le contenu de ce post et du suivant va irriter certains d’entre vous. Il pourra être vécu comme une « psychologisation » et une dépréciation du sentiment sacré de connexion avec le divin, ou comme une simplification analytique de la condition humaine (sentez-vous libre d’ajouter à la liste). C’est OK, gardez simplement en tête que :

  1. je partage avec vous le point de vue de Fromm, et
  2. je le fais sans considérer son analyse comme parole d’évangile, mais parce que je la trouve suffisamment pertinente pour m’y référer dans le futur. Je pense que cela éclaire bien certains aspects de notre rapport (ou absence de rapport) à Dieu.

A vous de prendre ce qui vous convient.

La culture de l'église peut-elle être dangereuse pour la santé mentale ?

Ou : Traduction d'extraits d'un article1 qui m'a fait réfléchir...

Il est logique que des membres ayant différents problèmes de santé mentale, différents besoins émotionnels et différentes sources de douleur psychique aient des expériences variées dans ce système [qu'est l'église]. Comment alors devons-nous comprendre et aborder cette variété d'expériences ?

Dans notre culture, on accorde une grande confiance aux expériences individuelles et on valorise les réponses émotionnelles personnelles à la vérité. Nous nous tenons à la chaire [...] et nous témoignons : « Je sais », « J'ai ressenti », « Je crois ». Si faire confiance à nos interprétations individuelles de l'expérience peut être valorisant et libérateur, il peut également créer un angle mort culturel pour comprendre et valoriser les expériences des autres. C'est un raccourci cognitif de supposer que, parce que le fait d'être membre de l'église a profité à ma santé mentale, cela doit également être le cas pour les autres.