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Relations

Comment déformer l’expérience d’une personne pour la faire coller à son système de croyance (1/2)

Retour sur le débat autours de David Archuleta

Série Homophobie et Conservatisme, POST 1

J’ai posté il y a quelques semaines un article1 concernant la nouvelle chanson de David Archuleta2, chanteur pop américain. Il s’agissait d’une interview dans laquelle il revenait sur son expérience en tant que gay ayant grandi dans le mormonisme, de sa séparation avec le mouvement, et les conséquences sur sa relation avec sa mère (objet de la chanson). Cet article a suscité beaucoup de réactions, des débats parfois houleux (mais, avec un peu d’aide, plutôt respectueux).

À quel moment est-on trop « woke » ?

Ou : équilibrer la rationalité avec l’empathie

Lorsque vous débattez avec une personne au sujet de quelque chose qui les affecte plus que vous, rappelez-vous que cela aura un impact émotionnel beaucoup plus important sur eux que sur vous. Pour vous, cela peut sembler être un exercice académique. Pour eux, c’est comme s’ils partageaient leur douleur et qu’ensuite vous rejetiez leur expérience et parfois leur humanité. Le fait que vous puissiez rester plus calme dans ces circonstances est une conséquence de votre privilège, et non pas d'une objectivité accrue de votre part. Restez humble.

Les prophètes peuvent-ils se tromper ?

Série sur les dirigeants, POST 5

Je me suis vraiment demandé si j’allais faire ce post. Est-ce que ça ne risque pas d’augmenter la polarisation que je cherche justement à assouplir ? Finalement j’ai décidé qu’il était important de parler du sujet, même si c’est imparfait, même si ce n’est pas complètement neutre (après tout, qui peut l’être ?). Bon, attachez vos ceintures.

Sommes-nous des moutons ?

Ou : Les limites de l’analogie du berger

Série sur les dirigeants, POST 4

Dans l'Église LDS, on utilise beaucoup l’analogie du berger et des brebis pour illustrer le type de service qu’on est encouragé à se rendre les unes aux autres. Le rôle de dirigeant est basé sur cette notion de service. Beaucoup d’encouragements et de discours d’autorités générales se focalisent sur cet aspect. Dans les termes d’Esaïe, « Fortifiez les mains languissantes, et affermissez les genoux qui chancellent » (Esaïe 35:3).

Devrais-je juste ne rien dire ?

Ou : Pourquoi refuser de critiquer n’est pas une si bonne idée que ça…

Série sur les dirigeants, POST 3

Après avoir partagé mon impression (confirmée depuis par plusieurs personnes) que les dirigeants sont parfois mis sur un piédestal, et une conséquence qu’est le syndrome du super-héros, je voudrais parler à présent du problème de la critique. Pourquoi a-t-on tendance à critiquer ses dirigeants, ou à ne pas le faire ? Dans quels cas est-ce pertinent ? Et surtout, comment bien le faire ? Comme vous allez le voir, pour moi dans l’église le problème est double : niveau quantité, il y a à la fois pas assez de critique et trop de critique, et niveau qualité, eh bien c’est pas terrible.

Buzz l’Eclair, à la rescousse !

Ou : Le syndrome du super-héros et ses deux conséquences : burn-out et gourou

Série sur les dirigeants, POST 2

Une des grandes difficultés dans le rôle de dirigeant dans mon église, et spécialement les rôles de dirigeants de prêtrise locaux (Épiscopats / Présidences de pieu), c’est ce que ces positions demandent des personnes, et les attentes qui se développent par rapport à ces rôles. Pour ceux qui ne connaissent pas vraiment le mormonisme, on peut résumer ainsi : avec pas ou peu de formation, on attend souvent d’un évêque qu’il soit un gestionnaire, un dirigeant d’entreprise, un conseiller conjugal, un psychothérapeute, un expert du développement humain, un sexologue et un expert en résolution de conflits, tout ça avec le bon dosage d’amour et de poigne.

Être président ? Oui s’il-vous-plaît / Non merci

Ou : les angles morts du rôle de dirigeant (religieux et plus si affinité)

Série sur les dirigeants, POST 1

J’ai récemment réfléchi au rôle de dirigeant ecclésiastique, particulièrement celui de dirigeant haut placé dans mon église. Tout en respectant les personnes ayant ces positions et l’aide qu’elles apportent, j’ai pensé à un certain nombre de problèmes sociologiques et angles morts liés à ces positions, et dont j’aimerais parler.

Peut-on encore exprimer sa gratitude publiquement ?

Réaction à un réel insta de Valerie Hamaker, hôte de l’excellent podcast Latter Day Struggle 1. Valerie réfléchit sur la question « Puis-je exprimer de la gratitude publiquement ? Ou bien cela ne va-t-il pas toujours heurter une minorité ? » (on est ici dans un contexte religieux, tel que discours, témoignages, discussions en groupe, etc). Elle y partage l’idée que oui, si on exprime de la gratitude pour des choses que l’on a, on va toujours se poser à part des gens qui n’ont pas cela, ce qui peut poser un problème si de nombreuses personnes rendent témoignage de la même chose (exemple : si tous les gens en couple ou avec des enfants expriment sans arrêt de la reconnaissance pour les membres de leur famille, cela exclu les personnes seules).

Peut-on se réjouir du malheur des autres ?

J’ai pensé à cette question lorsque quelqu’un a récemment mentionné le verset d’écriture suivant dans un discours : « quand Alma entendit cela … il regarda avec une grande joie ; car il voyait que leurs afflictions les avaient réellement rendus humbles, et qu’ils étaient prêts à entendre la parole » (Alma 32:6). Alma est un prophète qui voit venir à lui des gens d’une strate « inférieure » de la société, qui ont l’air de souffrir. Je me suis interrogé sur son premier réflexe. J’avais toujours lu cette réaction comme une réjouissance justifiée d’un homme qui voit qu’il va pouvoir aider son prochain. Mais cette fois-ci je l’ai lue un peu différemment...

"Le Monde" peut-il comprendre l'engagement spirituel ?

Ou : encore une fausse dichotomie...

Dans un article paru l’année dernière1, un apôtre raconte l’histoire de ses ancêtres danois, un couple avec des jeunes enfants qui, suite à leur conversion, décident d’émigrer aux États-Unis pour rejoindre l’appel du prophète de se rassembler. Ils quittent une ferme prospère et une vie confortable, s’engageant dans un voyage dangereux. Au cours de la traversée de l’Atlantique, comme d’autres passagers, le père succombe au virus de la rougeole. Tragique. L’apôtre interroge, « est-ce que ça en valait la peine ? », et répond aussitôt « je suis certain que le monde répondrait que non. » Hein ?!?